corée, drama

SKY Castle, le côté obscur de la bourgeoisie coréenne

Il fut un temps où je rentrais chez moi et je me mettais à regarder des dramas même si mon agenda était rempli de devoirs. Oui… j’étais une folle de dramas au point de négliger l’école (j’ai quand même eu mon année hein). Mais j’ai ensuite arrêté car à l’époque je trouvais que les dramas étaient longs et possédaient des lenteurs comme pas possible, alors je me suis focalisée sur une autre passion. Ces temps-ci, ayant plus de temps pour moi, j’ai recommencé les dramas et celui dont je vais vous parler aujourd’hui est : SKY Castle. C’est la seule série à m’avoir redonnée du plaisir à regarder des dramas.

Certains disent que le résumé et l’affiche (en tête de cet article) ne donnaient pas envie, moi ça a été tout le contraire. Pour que vous ayez une idée de quoi je parle, voici le résumé :

Le drame tourne autour des maisons de femmes au foyer dans un quartier résidentiel de luxe appelé Sky Castle dans la banlieue de Séoul. Elles élèvent leurs enfants comme des princes et des princesses tout en mettant en place des stratégies afin d’aider leurs maris à atteindre le succès. – source asianwiki

Les mots-clé qui m’ont donné envie : femmes au foyer, luxe, enfants, maris et succès. Tout nous indique dans ce petit résumé qu’on va parler de la société coréenne et surtout des coups-bas que vont se faire les familles pour atteindre leurs objectifs. On est ici chez les riches donc à priori tout est “permis” et ça j’adore ! Ce genre de sujet me passionne, notamment l’éducation et l’ambition des familles. Jusqu’où iraient-elles pour réussir ? Que pourraient-elles bien faire ? Qui sera la plus bitch de toutes les familles ?

Voici un trailer sans sous-titres (je n’en ai pas trouvé pour l’instant) pour que vous ayez une idée du cadre de vie des familles:

Le drama met donc en avant 4 familles prêtes à tout pour éduquer leurs enfants afin de rentrer dans les meilleurs universités. Et parce que certaines mères sont plus ambitieuses que d’autres, quelques unes s’immiscent dans la vie professionnelle de leur mari pour améliorer leur situation.

Selon Soompi, en terme d’audiences SKY Castle a dépassé les célèbres dramas Goblin et Reply 1988 malgré un départ assez faible de 2%, il a réussi à captiver son public au point d’atteindre un taux à 18% après quelques épisodes. Les réseaux sociaux asiatiques ont d’ailleurs généré des buzzs énormes autour de cette comédie noire et satirique.

Si vous ne l’avez pas vu, vous vous demandez peut-être : pourquoi y a-t-il autant d’emballement ? Il faut savoir que la société coréenne est terriblement compétitive, quel que soit le secteur d’activité. Chacun des individus se doit de donner le meilleur de lui même au point d’oublier de vivre. Les parents font tout ce qu’ils peuvent pour améliorer l’éducation de leurs enfants afin de réussir le suneung (examen à choix multiples comportant plusieurs matières : sciences, maths et anglais). Meilleures les notes sont, et plus grandes sont les chances pour rentrer dans les prestigieuses universités : Seoul National University, la Korea University et la Yonsei University (d’où le titre SKY Castle). Le prestige de ces écoles ouvre toutes les portes à ses diplômés donc la compétition est assez rude.

TRAVAILLER

Seul ce mot compte pour les familles, les plus riches pouvant améliorer l’apprentissage de leurs enfants grâce à un réseau privé que l’on appelle hagwon. Les étudiants travaillent jusqu’à tard le soir vers 22h ou plus, se privant de loisirs. La Corée du sud est par ailleurs en tête de tous les pays en ce qui concerne le taux de suicide. Comme c’est un phénomène de société, les coréens étaient très curieux concernant ce drama surtout lorsqu’on mêle les plus riches à cette histoire.

taux de suicide corée
Source : Radio Canada – Chiffres pour 2017

Ce sont des épisodes d’une heure et je dois avouer que j’ai eu beaucoup de mal durant le premier épisode. Ce qui me posait problème était la présentation des familles, il fallait retenir qui était dans quelle famille et comment ils s’appelaient tous. C’est qu’à la fin du premier épisode voire même le deuxième que j’ai commencé à me mettre dans le crane qui était qui.
Pour vous éviter cette torture, j’ai pris les photos des familles et inséré les noms dessus :

Si je vous écris un article sur cette série, c’est qu’elle m’a touchée et pas une seule fois je ne me suis ennuyée. D’habitude mon doigt est sur la flèche droite du clavier pour faire une avance rapide mais ici tout est méticuleusement travaillé sur les rapports humains au fil des 20 épisodes ! Oui je vous parle bien des 20. C’est pile ce qu’il faut pour développer toutes les problématiques auxquelles nous pouvons être confrontés dans la vie : l’éducation, être un parent, l’impact d’un désir personnel d’un parent sur son enfant, l’humanité, l’amour, la fierté, la jalousie, l’épanouissement de soi… Donc non, je ne pouvais pas faire d’avance rapide. Perdre 10 secondes c’est perdre des informations précieuses sur ce que ressent le personnage et sur sa réflexion.

D’autant plus que l’histoire est réaliste, ce n’est pas vraiment des problèmes de bitch à l’américaine où on sent qu’ils préparent un coup bas pour faire ch*er le voisin. Non ici l’ambition prend le dessus et les mères de famille n’ont parfois pas le choix d’employer la pire des méthodes afin d’obtenir ce qu’elles souhaitent, car elles doivent le faire même si le père estime que ce n’est pas l’idéal, et tout cela pour le bien-être de la famille et de leurs enfants. L’enfant doit être le meilleur et c’est tout ce qui compte. Mais tout comme les parents, le quotidien des enfants est lui aussi mis en avant. Ainsi, le fait de voir le quotidien des parents et celui des enfants nous fait comprendre avec justesse les sentiments des personnages et surtout l’esprit de compétition instauré dans ce quartier de luxe.
Par ailleurs, tous les individus sont impactés y compris les pères, et si on se fie au résumé on a l’impression qu’ils ne sont pas les personnages principaux mais c’est tout le contraire. Le drama montre la vie des pères notamment leur vie professionnelle afin de voir les raisons pour lesquelles ceux-ci font attention à l’éducation de leurs enfants et qu’ils ont aussi une part de responsabilité.

Les personnages sont tous liés les uns aux autres car après tout on suit l’histoire des familles du quartier qui possèdent d’ailleurs tous une vision différente de ce qu’est la vie et comment bien vivre. Pour les résidents de SKY Castle, il est évident qu’être en haut de la classe sociale est synonyme de réussite pour vivre en société ainsi que pour vivre aisément même s’il faut souffrir pendant des années. Malheureusement, il n’y a pas que le désir de voir son enfant réussir, le drama met aussi en avant la pression que subissent les parents de la part de la matriarche/le patriarche de la famille.

Je vous rassure, ce n’est pas seulement une sorte de documentaire, le suspense est bien présent. Ils ont tous des secrets et des plans à mettre en oeuvre étant donné qu’ils priorisent leur vie quitte à détruire la vie des autres : manipulation, amitié par intérêt, organisation de fêtes (aussi par intérêt)… On comprend au fur et à mesure grâce à des indices éparpillés au fil des épisode la raison pour laquelle certains réagissent d’une certaine façon. Derrière chaque acte, il existe une raison et des conséquences. Il suffit qu’une personne révèle un secret pour que ce soit le début de la fin. Leur destin ne tient alors qu’à un fil.

Enfin, pour montrer à la caméra ce à quoi les protagonistes aspirent, certes le discours est important, mais faire apparaître les sentiments à travers le comportement et le visage est également délicat. Tous les acteurs ont réussi à me faire plonger dans l’histoire au point de me faire pleurer de nombreuses fois. J’ai même eu du mal à regarder certaines scènes tellement c’était déchirant de voir l’incompréhension entre le parent et l’enfant. J’ai tout simplement envie de dire p*tain qu’est-ce qu’ils sont bons !

Bien sûr SKY Castle regorge aussi de scènes comiques sinon bonjour le drama le plus triste du monde. En tout cas vous l’aurez BIEEEEN compris, j’ai vraiment beaucoup aimé, je me suis même souvent retenue de pleurer sauf à la fin. D’ailleurs, je n’arrive même pas à écouter la formidable OST (oui je l’avoue, l’OST me rend triste ;__;).

J’étais très sensible sur les sujets abordés, du coup je suis curieuse de connaitre votre avis. Qu’avez-vous ressenti lorsque vous l’avez vu ? Avez-vous pleuré ? Étiez-vous dans un milieu compétitif ? 

A bientôt !

Dérouler les 4 commentaires ↓

  1. Ce drama a suscité beaucoup de buzz ! Il m’intéressait lors de sa sortie mais j’avais trop d’autres choses en cours. Je n’ai plus qu’à la regarder quand j’aurai un peu de temps !

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